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La lettre du NEURO
La lettre du NEURO est un bulletin électronique trimestriel relatant les activités à l'Institut neurologique de Montréal. Veuillez adresser vos commentaires à Communications.
Neurosciences 101 À quand des machines pensantes?
« Pourquoi trouve-t-on tant de robots en fiction, mais aucun dans la
réalité? », demande Stephan Pinker dans How the Mind Works. Pinker ne songeait pas aux robots
qui assemblent des rivets dans les chaînes de montage automobile. Il
pensait aux robots comme C3PO dans la Guerre des étoiles et Data
dans Star Trek : La nouvelle génération – des êtres sensibles
capables de penser et dotés de sentiments et d’une personnalité. La réponse
de Pinker à sa question purement rhétorique est que, pour l’essentiel, il
n’existe pas de véritables robots, car aucune machine ne pouvait – du moins
en 1998, année de publication de son ouvrage – s’approcher des remarquables
capacités de la perception, de la cognition et de l’action humaines. Mais
le matériel informatique et les logiciels ont beaucoup progressé depuis. Ma
caméra vidéo numérique de 500 $ reconnaît des visages, et mon ordinateur
maison peut transposer en texte écrit les mots que je prononce. L’écart
s’amenuise entre ce que les humains peuvent faire et ce que les machines
peuvent accomplir. Alors, combien de temps faudra-t-il avant qu’on trouve
des machines dotées d’un esprit aussi bon ou supérieur à celui de l’être
humain? À vrai dire, cette question a deux volets : comment faire pour
construire une machine pensante, et comment se rendre compte que nous avons
réussi?
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Une meilleure compréhension du câblage de notre cerveau.
par Phil Barker, PhD
Mon laboratoire étudie les signaux biochimiques qui déterminent si les
neurones survivent et se développent ou s’ils se suicident selon un
processus appelé apoptose. Les neurones prennent ces décisions de
vie ou de mort sous l’action d’une famille de molécules, les
neurotrophines, qui sont secrétées dans l’environnement entourant
les cellules. Les neurotrophines se lient à des protéines spécialisées pour
les activer, des récepteurs qui sont situés à la surface des
cellules (Fig. 1). L’interaction entre une neurotrophine et son récepteur
est analogue à celle d’une clé et d’une serrure : le récepteur contient un
site de liaison adapté spécifiquement à la neurotrophine. Une fois activé
par la liaison d’une neurotrophine, le récepteur déclenche une cascade
d’événements biochimiques dans la cellule. Selon les circonstances
spécifiques – par exemple le type de neurotrophine, le type de récepteur ou
les propriétés spécifiques de la cellule – ces signaux biochimiques peuvent
amener la cellule nerveuse à se développer ou à se suicider par apoptose.
Nous nous intéressons surtout à un type de récepteur de neurotrophine
appelé p75 NTR, qui est important pour l’apoptose normale et qu’on relie à
la maladie d’Alzheimer, à la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et aux
atteintes irréversibles qui résultent d’une lésion nerveuse.
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Le langage et l’esprit
Je suis venue à l’Institut neurologique de Montréal d’Afrique du Sud en
1992, afin de travailler avec Brenda Milner, la réputée neuropsychologue.
Mes travaux avec madame Milner, et par la suite dans mon propre laboratoire
à l’INM, visent à comprendre comment le langage et la langue sont
représentés et traités dans le cerveau. Mon arrivée à l’INM a coïncidé avec
la nouvelle disponibilité des technologies d’imagerie du cerveau, comme le
TEP et l’IRM fonctionnelle, qui ont permis aux spécialistes des
neurosciences cognitives de voir le cerveau en action. Mon approche
scientifique combine ces puissantes techniques de neuro-imagerie et des
mesures de comportement pour explorer comment le cerveau nous permet de
parler et de comprendre le langage.
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