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Nouvelles et médias

La toxicomanie : une communication anormale dans le cerveau

29 jan 2013

On a déjà associé aux lobes frontaux du cerveau la dépendance aux cigarettes, aux drogues et autres stimulants. Or il existe maintenant des preuves scientifiques indiquant où et comment la dépendance prend forme dans le cortex frontal.  Elle pourrait résulter d’une communication anormale entre des zones des lobes frontaux qu’on associe au processus de décision.  Cette découverte suscitera assurément des travaux cliniques sur des thérapies efficaces pour des millions de personnes qui souffrent de dépendance.

La recherche a été menée par les chercheurs principaux Alain Dagher, médecin neurologue et chercheur spécialisé en toxicomanie à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal - le Neuro, de l’Université McGill, et Dr Takuya Hayashi du RIKEN Center for Imaging Science de Kobe, au Japon.  Les résultats ont été publiés le 28 janvier dans Proceedings of the National Academy of Sciences (É.-U.), un forum qui fait autorité en science.

La recherche portait sur la détermination des zones du cerveau qui régulent les états de manque habituels des toxicomanes et qui aiguisent leur dépendance à la vue d’un stimulus comme un fumeur apercevant quelqu’un en train d’allumer une cigarette.  Dix fumeurs ont été étudiés au moyen de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et de la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), une méthode non effractive pour déclencher l’activité dans des zones spécifiques du cerveau qu’on utilise pour étudier la fonction du cerveau et des liaisons neuronales. 

La vue d’images de fumeurs suscitait un état de manque. Il a été déterminé que le degré d’état de manque était codé dans le cortex orbitofrontal médian (COM), une zone dont on connaît le rôle central dans l’évaluation et la poursuite d’objectifs.  La maîtrise de soi était engendrée en disant aux sujets qu’ils ne seraient pas autorisés à fumer après avoir vu les images de tabagisme. La maîtrise de soi semble être codée dans une autre partie du cerveau, le cortex préfrontal dorsolatéral, zone connue pour être associée à la planification d’actions dans l’atteinte d’un objectif.

Les chercheurs ont découvert que la stimulation magnétique transcrânienne pouvait inactiver temporairement le cortex préfrontal dorsolatéral et neutraliser l’envie de fumer.  Cette recherche montre que la maîtrise de soi en toxicomanie résulte d’une suppression, par le cortex préfrontal dorsolatéral, de signaux de récompense dans le cortex orbitofrontal médian. La dysfonction des lobes frontaux, qui peut résulter, par exemple, de stress psychologique, pourrait diminuer la maîtrise de soi et entraîner une consommation excessive de drogues.

Selon les chercheurs, la dépendance pourrait être le fruit d’une communication anormale entre ces deux zones du cerveau.

« Cela cadre avec l’opinion voulant que la toxicomanie soit une pathologie de la prise de décisions », souligne le Dr Dagher.

« Il s’agit d’un circuit neuronal qui participe à la prise de décisions et à la maîtrise de soi et qui guide généralement une personne vers un comportement optimal dans la vie quotidienne », précise le Dr Hayashi.

Les cliniciens peuvent utiliser cette découverte pour adapter de futures thérapies en matière de toxicomanie en tenant compte de réseaux neuronaux.

Lien au l’article : http://www.pnas.org/gca?submit=Go&gca=pnas%3B1212185110v1&allch=

Le Neuro
L’Institut et hôpital neurologiques de Montréal, le Neuro, est un centre médical universitaire unique qui se consacre aux neurosciences. Fondé en 1934 par le Dr Wilder Penfield, le Neuro a acquis une renommée internationale pour son intégration de la recherche, de ses soins exceptionnels aux patients et de sa formation spécialisée, essentiels à l’avancement de la science et de la médecine. À la fois institut de recherche et d’enseignement de l’Université McGill, le Neuro constitue l’assise de la mission en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill. Les chercheurs du Neuro sont des chefs de file reconnus mondialement pour leur expertise en neurosciences cellulaire et moléculaire, en imagerie du cerveau, en neurosciences cognitives, ainsi que dans l’étude et le traitement de l’épilepsie, de la sclérose en plaques et de troubles neuromusculaires. Pour tout renseignement, veuillez consulter leneuro.com  

 

 

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