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Nouvelles et médias

Découverte de chercheurs de McGill :

7 jun 2012

Un nouvel usage de médicaments existants pourrait prévenir les fractures

Selon une étude récente dirigée par Faleh Tamimi, professeur adjoint à la Faculté de médecine dentaire de l’Université McGill, les médicaments utilisés pour traiter les pertes de mémoire chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer (MA) peuvent fortifier les os. Les résultats de cette étude, publiés dans le Journal of Bone and Mineral Research et résumés dans la revue scientifique Nature Reviews: Endocrinology, pourraient contribuer à faire avancer la recherche visant à étayer l’hypothèse selon laquelle la résistance osseuse dépend du système nerveux central au niveau du cerveau.

Le donépézil et la rivastigmine, deux médicaments indiqués dans le traitement de la MA, sont connus pour leur effet stimulant sur un groupe de neurones cérébraux qui jouent un rôle important dans le maintien de la mémoire. Bien que ces médicaments aient été largement utilisés dans le traitement de la MA et d’autres formes de démence depuis le milieu des années 1990, leurs effets sur la biologie osseuse n’ont pas encore été explorés.

Selon de récentes études, la régulation du métabolisme osseux relève de certains neurones, et la présence de lésions au niveau de ces derniers entraîne une fragilisation osseuse. On en savait toutefois très peu sur les effets que pourrait exercer la stimulation de ces neurones sur les os. Les travaux des scientifiques dirigés par un chercheur de l’Université McGill ont permis de déterminer que la prise de donépézil et de rivastigmine, deux médicaments susceptibles de stimuler l’activité des neurones responsables de la régulation du métabolisme osseux, exerce un effet favorable sur la résistance osseuse et réduit le risque de fracture de la hanche chez des patients atteints de la MA.

Dans le cadre de cette étude, qui portait sur des patients de 75 ans ou plus atteints de la MA et traités dans le même hôpital espagnol, les chercheurs ont comparé quatre-vingts cas recensés de fractures de la hanche et 2 178 cas de patients qui ne présentaient aucune fracture de ce type (groupe témoin). Ils ont constaté que le risque de fracture de la hanche était moins élevé chez les patients qui recevaient du donépézil et de la rivastigmine.  

« Ces observations nous permettent de mieux comprendre les maladies osseuses et d’envisager de nouvelles formes de traitement de l’ostéoporose », affirme le professeur Tamimi. « L’intérêt de cette découverte réside également dans le fait que les médicaments qui se sont révélés efficaces pour la prévention des fractures de la hanche sont déjà commercialisés. Même si des tests plus poussés devront être réalisés afin d’étayer nos conclusions, la confirmation de l’innocuité du donépézil et de la rivastigmine nous permettra de transposer plus facilement nos découvertes en applications cliniques pour le traitement de l’ostéoporose. »

Article intégral publié dans le Journal of Bone and Mineral Research : http://www.jbmr.org/details/journalArticle/1720585/Acetylcholinesterase_inhibitors_and_the_risk_of_hip_fracture_in_Alzheimers_disea.html.

Résumé publié dans la revue scientifique Nature Reviews: Endocrinology : http://www.nature.com/nrendo/journal/vaop/ncurrent/full/nrendo.2012.68.html.

Pour en savoir plus sur l’Université McGill : http://francais.mcgill.ca/newsroom/

Renseignements :

  • Cynthia Lee, Université McGill - Tél.: 514-398-6754

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