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Anciens boursiers

Boursiers d'exception

Jacob CHANDY (1910-2007)

Premier neurochirurgien de l’Inde et un des éminents pédagogues en médecine du pays.

Le Dr Chandy est arrivé à l’INM après la Seconde Guerre mondiale où il a effectué ses trois années de formation comme chirurgien sous la supervision des docteurs Penfield et William Cone. En 1948, il a été désigné résident-chef en neurochirurgie à l’Université de Chicago sous la supervision du Dr Theodore Rasmussen, qui a succédé au Dr Penfield à titre de directeur de l’INM. Le retour en Inde du Dr Chandy en 1949 – deux ans après que le pays a acquis son indépendance de l’autorité britannique – a fait les manchettes. « … Mon professeur de sciences m’a montré un article de journal au sujet d’un “Dr Chandy” qui effectuait alors sa formation en Amérique du Nord, et qui reviendrait sous peu en Inde à titre de premier neurochirurgien du pays… », se rappelait le Dr J.C. Jacob, qui deviendrait plus tard l’étudiant du Dr Chandy.

Le Dr Chandy a créé le premier département de sciences neurologiques en Inde au Christian Medical College and Hospital à Vellore. Pendant les 20 années suivantes, il a fait la promotion du modèle d’établissement axé sur l’intégration de la recherche et de la médecine clinique que préconisait l’INM. Il a fait le nécessaire pour que des membres de son département suivent une formation à l’INM, notamment le Dr J. C. Jacob et le Dr G. M. Taori en neurologie; le Dr Sushil Chandi en neuropathologie; et Elizabeth Mammen et S. Sarojini en soins infirmiers neurochirurgicaux. Le fils du Dr Chandy, Mathew, a également été boursier de recherche à l’INM, et a dirigé plus tard le département de neurochirurgie que son père avait fondé. En 1957, le Dr Penfield a visité Vellore et a posé la pierre angulaire d’un nouvel immeuble. Contraint par les lois indiennes de prendre sa retraite en 1970, le Dr Chandy a continué de contribuer à l’enseignement de la médecine dans son pays. Ses nombreux étudiants et collègues se souviennent de l’influence considérable qu’il a exercée sur plusieurs générations de spécialistes qui ont travaillé dans d’importants centres universitaires en Inde et dans d’autres pays.

David H. HUBEL (1926 - 2013)

Neurobiologiste, titulaire du prix Nobel en physiologie ou médecine, 1981.

Natif de Windsor, Ontario, David Hubel grandit à Montréal, où il fréquente une école d’Outremont. Déjà tout jeune, la chimie l’intrigue. En évoquant son enfance, il racontait avoir « fait exploser un petit canon qui a ébranlé Outremont et lâché un ballon à hydrogène qui a voyagé jusqu’à Sherbrooke (à 100 kilomètres de distance) ». En 1947, il quitte l’Université McGill avec un diplôme en mathématique et en physique. Il décide presque sur un coup de tête de s’inscrire à l’École de médecine de McGill, qui l’accepte. Comme il passe ses étés à travailler à l’Institut neurologique de Montréal, il se passionne pour le système nerveux. Après l’obtention de son diplôme, il étudie la neurophysiologie clinique pendant un an en tant que boursier à l’INM sous la supervision de Herbert Jasper, un scientifique qu’il qualifierait plus tard de « sans égal quant à l’étendue et à la clarté de sa pensée en sciences du cerveau ».

En 1954, le Dr Hubel travaille à l’Université Johns Hopkins pour y poursuivre sa formation, mais il est mobilisé par l’armée des États-Unis et envoyé au Walter Reed Army Institute of Research de Washington, D.C. C’est là qu’il amorce sa recherche sur l’action des cellules nerveuses pendant le sommeil. Sous la supervision de M.G.F. Fuortes, le Dr Hubel développe une microélectrode qui peut pénétrer le cortex et permet des enregistrements à partir d’un seul neurone. En 1958, Dr Hubel passe au Johns Hopkins Hospital, où il collabore avec Torsten Wiesel au laboratoire de Stephen Kuffler. Déménagé un an plus tard à la Harvard Medical School, le laboratoire a, en cinq ans, formé le noyau d’un nouveau département de neurobiologie. Les Drs Hubel et Wiesel, qui se servaient de microélectrodes pour explorer l’aire visuelle du cerveau, ont découvert comment certaines cellules réagissent à une stimulation particulière, comme un bord sombre se déplaçant dans une direction. Leurs découvertes ont mené à des applications pratiques en ophtalmologie, notamment dans le traitement de cataractes congénitales et du strabisme chez les enfants. Les travaux des Drs Hubel et de Wiesel leur ont valu le prix Nobel en physiologie ou médecine en 1981. Le Dr Hubel est devenu professeur de physiologie à Harvard en 1965 et, en 1968, il a été nommé professeur titulaire de la chaire George Packer Berry de neurobiologie. En 1998, le Dr Hubel est revenu à l’INM pour prononcer la conférence annuelle Wilder Penfield et il y a donné une autre causerie en 2007. Outre ses intérêts scientifiques, il est un fervent musicien, linguiste et photographe amateur.

Yi-Cheng ZHAO (1908-1974)

Légende à venir
Yi-Cheng Zhao
Qualifié de « fondateur de la neurochirurgie en Chine », il a institué les premiers départements indépendants en neurochirurgie du pays à Tianjin (1952) et Beijing (1954), ainsi que l’Institut neurochirurgical de Beijing (1960).

Natif de la province méridionale de Fujian, Yi-Cheng Zhao a étudié à l’Université Beijing Yanjing et a reçu son diplôme de médecine en 1934 du Peking Union Medical College. Durant les quatre années suivantes, il perfectionne ses techniques en médecine générale et chirurgicale et mérite des prix, dont une bourse Rockefeller. Cette dernière lui permet de venir en 1938 à l’Institut neurologique de Montréal, où il suit une formation d’un an avec le Dr Penfield, dont les qualités de chirurgien, d’administrateur et de médecin bienveillant l’influenceront grandement. Au terme de séjours de travail dans plusieurs centres hospitaliers des États-Unis, le Dr Zhao revient en Chine en 1940. Sa famille et lui doivent faire face aux rigueurs de la Seconde Guerre mondiale. Mais après la guerre, il travaille avec une vigueur renouvelée et met en place un département de neurochirurgie à l’Hôpital général de Tianjin puis à l’Hôpital Tong-Ren à Beijing. Ce dernier centre sera déménagé à l’Hôpital Xuan-wu, qui est devenu en 1960 l’Institut neurochirurgical de Beijing – le plus grand centre de neurochirurgie en Chine. Le Dr Zhao partagera, pendant de nombreuses années, son temps entre Tianjin et Beijing, y effectuant des chirurgies, de l’enseignement et de la recherche. Il a amélioré les soins cliniques en Chine en soulignant l’importance de la sous-spécialisation en neurochirurgie et a formé plus de 200 étudiants qui ont fait des contributions déterminantes au domaine.

Membre de nombreuses associations scientifiques, le Dr Zhao a aussi été élu délégué du Congrès national du peuple et a occupé des fonctions au ministère de la Santé. À sa demande, le président Mao Zedong a invité le Dr Penfield à visiter la Chine en 1962. Ce sera le premier de plusieurs échanges entre l’Institut neurologique de Montréal et la Chine. L’année suivante, le Dr Zhao n’a pas pu se rendre au Canada pour recevoir le grade honorifique que l’Institut neurologique de Montréal lui conférait. Le Dr Zhao a été diagnostiqué d’un cancer en 1970, mais après avoir été traité, il a continué d’exercer la médecine jusqu’à son décès en 1974. Ses fils, Ke-Ming Zhao et Ya-Du, sont devenus des neurochirurgiens et Ke-Ming Zhao a été le premier à recevoir la bourse Bethune-Zhao de l’INM en 1979.

Prakash Tandon (1928- )

Neurochirurgien indien, fondateur du Département de neurochirurgie à l’Institut All-India de sciences médicales à New Delhi, et du service de neurochirurgie au Collège médical King George de Lucknow

Premier de sa classe en 1950 au Collège médical King George, Prakash Tandon arrive en 1960 à l’Institut neurologique de Montréal comme boursier pour se perfectionner en neurochirurgie. De retour en Inde, il y sera un pionnier de la neurochirurgie. Ses talents en chirurgie mais aussi comme professeur et chercheur scientifique lui valent une grande renommée. Il transmettra ce qu’il a appris à Montréal à ses étudiants qui fonderont des départements de neurochirurgie dans des villes de l’Inde, notamment Srinagar, Delhi et Mumbai. Les patients venaient consulter le Dr Tandon de partout en Inde, ainsi que de pays voisins, comme le Népal, le Bangladesh, l’Afghanistan et le Sri Lanka. Il a été chirurgien honoraire pour le président de l’Inde et membre du Conseil consultatif en sciences du premier ministre. Des gouvernements étrangers l’ont fait venir en avion pour des consultations d’urgence. Tout au long de sa carrière, il a poursuivi ses travaux de recherche, publié leurs résultats dans plus de 300 articles, et cosigné le premier manuel de neurochirurgie en Inde. Parmi ses nombreuses récompenses et distinctions nationales et internationales, mentionnons qu’il a été le seul clinicien à être président de l’Académie nationale des sciences, en Inde.

Jan GYBELS

Neurochirurgien, professeur de neurologie et sommité mondiale du domaine de la douleur

Natif de Belgique, Jan Gybels se perfectionne en neurochirurgie pendant plusieurs années au début des années 1960 avec le Dr Penfield et le Dr William Cone. Il est retourné dans son pays pour occuper un poste à l’Université catholique de Louvain. À la fin des années 1960, il est l’un des fondateurs du laboratoire de neurophysiologie de l’université. Son intérêt pour l’origine et le traitement de la douleur, qui s’est manifesté tôt dans sa carrière, se poursuit aujourd’hui. Il a cosigné avec William Sweet de l’Université Harvard une monographie influente sur la douleur persistante. En Belgique, le Dr Gybels est aussi un pionnier du recours à la chirurgie stéréotaxique. En 1994, l’Université catholique lui a conféré le titre de professeur émérite.

André BARBEAU (1931-1986)

Neuroscientifique, directeur de la neurobiologie à l’Institut de recherches cliniques de Montréal

Né à Montréal et fils de l’éminent neurologue Antoine Barbeau, André Barbeau obtient son diplôme de médecine à l’Université de Montréal. Il poursuit ensuite ses études à l’Université de Chicago et entre en 1958 à l’Institut neurologique de Montréal en tant que chargé de recherches. Ce spécialiste de la maladie de Parkinson et de l’ataxie de Friedreich a été un pionnier de l’utilisation de la L-dopa pour traiter le Parkinson. Il a aussi réussi à établir que l’origine de maladies, comme la maladie de Huntington, chez des résidants du Québec remontait à leurs ancêtres en France. S’appuyant sur ses travaux, il a agi comme conseiller en maladies génétiques auprès de patients du Québec. Ses travaux ont rehaussé la réputation internationale de l’Institut de recherches cliniques de Montréal. Le Dr Barbeau a dirigé le Département de neurologie à l’Université de Montréal et a contribué à plus de 400 articles scientifiques très lus et respectés. Il a présidé la Société canadienne de neurologie. Son apport scientifique lui a valu d’être nommé Compagnon de l’Ordre du Canada en 1981 et de recevoir le Prix Marie-Victorin du gouvernement du Québec en 1985 ainsi que la médaille McLaughlin de la Société royale du Canada en 1986.

Clarence Sumner GREENE, Sr. (1901-1957)

Premier Afro-Américain à être agréé comme neurochirurgien

Natif de Washington, D.C., Clarence Greene a obtenu son diplôme de médecine avec distinction en 1936 au Howard University College of Medicine. Il a exercé la chirurgie et enseigné à l’Université Howard pendant 11 ans avant d’arriver à l’Institut neurologique de Montréal en 1947 pour suivre une formation en neurochirurgie avec le Dr Penfield. Il y restera trois ans. En 1953, le Dr Greene s’est distingué en devenant le premier Afro-Américain à être agréé par l’American Board of Neurological Surgery. Il a été nommé directeur de la neurochirurgie à l’Université Howard et y a exercé jusqu’à son décès prématuré en 1957. Malgré sa brève carrière, il a été un modèle pour les Afro-Américains désireux de se spécialiser en médecine ou d’autres professions.

Jesse BARBER Jr. (1924-2002)

Neurochirurgien afro-américain pionnier, chef de la neurochirurgie et premier professeur de médecine sociale à l’Université Howard

Né à Chattanooga, Tennessee, Jesse Barber opte pour une carrière en médecine après avoir brillamment réussi un examen d’études préparatoires en médecine. Avec son grade de premier cycle de l’Université Lincoln en poche, il entreprend ses études de médecine au Howard University Medical College, où il obtient son diplôme en 1948. Le Dr Barber exerce la chirurgie générale pendant six ans et en 1956 devient chargé d’enseignement en chirurgie et en pathologie à l’Université Howard. En 1958, il commence des études supérieures comme chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal, où il est reste trois ans. De retour à l’Université Howard à titre de chef de la neurochirurgie, il est agréé par l’American Board of Neurological Surgery en 1963. Il fonde le Medical Stroke Project en 1968. En 1973, le Dr Barber est à la une de l’actualité en tant que chirurgien invité à opérer la femme d’un leader musulman noir blessée par balle à la tête. Il s’illustre aussi dans les années 1970 après avoir réussi à redresser la colonne gravement déformée d’un adolescent. Pleinement conscient de sa mission sociale comme médecin, le Dr Barber a été nommé premier professeur de médecine sociale de l’université en 1983. Nombre d’étudiants ont choisi la neurochirurgie, directement inspirés par le Dr Barber. Titulaire d’innombrables distinctions, le Dr Barber a présidé la National Medical Association.

Kristian KRISTIANSEN (1907-1993)

Neurochirurgien norvégien

Natif d’Oslo, Kristian Kristiansen a fait ses études médicales à l’université locale en 1931. Au terme de sa résidence en chirurgie générale, il a travaillé à la clinique de neurochirurgie de l’université jusqu’en 1943. Pendant les dernières années de la guerre, il travaille à l’Hôpital militaire des traumatismes crâniens à Oxford, Angleterre. En 1947, le Dr Kristiansen peut enfin concrétiser son plan d’étudier à l’Institut neurologique de Montréal, où il est chercheur-boursier pendant deux ans. Avec le Dr Penfield, il publie une monographie sur les formes de crises épileptiques. Le Dr Kristiansen a poursuivi l’étude de l’épilepsie et cosigné un ouvrage avec George Henriksen. À son retour à Oslo, il a établi un service neurologique à l’Hôpital Ulleval et, en 1955, un département distinct de neurochirurgie. Il a été nommé professeur de neurochirurgie à l’Université d’Oslo en 1961. La même année, on lui a décerné l’Ordre de Saint-Olaf, une des nombreuses distinctions qu’il a reçues durant sa carrière.

Keasley WELCH(1921-1996)

Neurochirurgien et professeur de neurochirurgie, Université Harvard

Né à Bridgeport, Connecticut, Keasley Welch a obtenu un diplôme de l’Université de Pittsburgh en 1940, puis son diplôme de médecine de l’Université Yale en 1943. Il poursuit sa formation comme chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal, où il obtient une maîtrise ès sciences de l’Université McGill en 1947. Le Dr Welch a servi dans le corps médical de l’armée américaine pendant deux ans. Durant ses 16 ans à l’Université du Colorado, il a effectué de la recherche sur le liquide céphalorachidien et a publié de nombreux articles. Il a été nommé à l’École de médecine d’Harvard en 1971 et a travaillé comme chef du service de neurochirurgie au Brigham and Women’s and Children’s Hospital jusqu’en 1987. Au moment de son décès, il était professeur émérite titulaire de la chaire Franc D. Ingraham de neurochirurgie.

Hugh McLENNAN (1927-2004)

Neuroscientifique, pionnier de l’étude des neurotransmetteurs

Natif de Montréal, Hugh McLennan obtient ses diplômes de l’Université McGill, où il effectue de la recherche sous la supervision de K.A.C. Elliott. Au début des années 1950, il travaille comme chargé de cours au University College, Londres, où il réalise des études influentes sur la physiologie des neurotransmetteurs. De 1953 à 1955, il est chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal et se livre à la toute première recherche avec l’éminent chercheur sur les neurotransmetteurs, Ernst Florey. Pendant cette période, Herbert Jasper écrit que les travaux menés par Florey et McLennan pourraient s’avérer « une découverte aux conséquences majeures (…) ». En 1957, McLennan entre au Département de physiologie de l’Université de la Colombie-Britannique. Pendant les 35 années suivantes, il effectue des études déterminantes sur les aspects inhibiteurs du neurotransmetteur, l’acide gamma-aminobutyrique, ainsi que de la recherche sur la synthèse et le métabolisme de l’acétylcholine. Son ouvrage influent, Synaptic Transmission, a d’abord été publié en 1963, puis en seconde édition en 1973. Nombre de pionniers des transmetteurs inhibiteurs et excitateurs ont assisté à un symposium tenu en l’honneur de McLennan à l’Université de la Colombie-Britannique en 1990.

Alberto MARTINEZ-COLL (1923- )

Neurochirurgien pionnier vénézuélien

Alberto Martinez-Coll a commencé ses études supérieures avec le Dr Penfield comme chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal en 1952. De retour au Venezuela, il commence en 1958 à y pratiquer de la chirurgie innovatrice pour traiter l’épilepsie et devient un éminent neurochirurgien de l’Hôpital Jose Maria Vargas de Caracas. Le Dr Martinez-Coll a publié plus de 30 articles scientifiques et donné maints cours et conférences à l’étranger. Il est un des fondateurs de la Société de neurochirurgie du Venezuela en 1963. Vivement intéressé par la nature de la conscience, il a écrit un ouvrage intitulé Science, Metaphysics and Spirituality.

Fuad HADDAD

Neurochirurgien pionnier arabe

Fuad Haddad arrive à l’Institut neurologique de Montréal du Liban en 1952 pour se perfectionner comme chercheur-boursier en neurochirurgie. En 1954, il rentre à Beyrouth en tant que premier neurochirurgien arabe pleinement qualifié. L’année suivante, il forme la Société libanaise de neurologie, de neurochirurgie et de psychiatrie, qui tiendra par la suite des rencontres scientifiques semestrielles. À l’époque, le Liban comptait cinq neurochirurgiens et neurologues et 11 psychiatres. La Société a adopté son important code de déontologie en 1960. La même année, le Liban établit sa deuxième unité de neurochirurgie. En dix ans, le nombre de membres de la Société a augmenté au point où on a constitué trois divisions distinctes. Le Dr Haddad a créé la conférence annuelle Wilder Penfield. En 1973, à l’époque de la guerre civile alors que nombre de professionnels quittent le pays, le Dr Haddad reste à Beyrouth pour dispenser des services de neurochirurgie. Shawki Nahra, également neurochirurgien agréé qui revenait au pays cette même année au terme d’études comme chercheur-boursier à l’INM, le seconde.

Eduardo GARCIA-FLORES

Neurochirurgien mexicain, chef du service de neurochirurgie, Centre médical Osler, Monterrey.

Il a obtenu son doctorat de l’Université de Montréal et a effectué sa résidence à l’INM.

Raul MARINO, Jr. (1936- )

Neurochirurgien brésilien

Né à São Paulo, Raul Marino commence sa formation médicale à l’École de médecine de l’Université de São Paulo et poursuit ses études dans des hôpitaux et des cliniques de Boston. Il entre à l’Institut neurologique de Montréal comme chercheur-boursier en 1966, étudiant des techniques de neurochirurgie avec Theodore Rasmussen et William Feindel, ainsi que l’électroencéphalographie appliquée à l’épilepsie avec Pierre Gloor. Le Dr Marino deviendra plus tard un chercheur invité aux laboratoires de neurophysiologie des National Institutes of Health à Bethesda, Maryland. À son retour au Brésil en 1969, il fonde la Division de neurochirurgie fonctionnelle à l’École de médecine de l’Université de São Paulo. Avec Theodore Rasmussen, il publie en 1980 un des premiers ouvrages traitant de la neurochirurgie fonctionnelle. Il est nommé premier professeur et directeur de la nouvelle Division de neurochirurgie en 1990. L’année de son centenaire, l’Académie de médecine de São Paulo a élu le Dr Marino à sa présidence. Il s’est fréquemment rendu au Japon pour promouvoir la neurochirurgie et s’imprégner de la culture locale.

Cosimo AJMONE-MARSAN

Épileptologue américain

Cosimo Ajmone-Marsan arrive à l’Institut neurologique de Montréal en tant que chercheur en 1949, pour étudier la neurophysiologie et l’EEG avec Herbert Jasper. Durant sa carrière subséquente aux National Institutes of Health à Bethesda, Maryland, il devient un grand spécialiste de la recherche et du traitement de l’épilepsie. À la fois chercheur clinique et scientifique, il a formé nombre d’étudiants qui sont devenus des spécialistes en épileptologie. Le Dr Ajmone-Marsan a présidé l’American Epilepsy Society en 1973. Parmi les distinctions qu’il a reçues figure le prix Ambassador of Epilepsy en reconnaissance de son apport exceptionnel.

Milton SHY (1920-1967)

Neurologue américain

Natif du Colorado, Milton Shy a étudié la médecine en Oregon avant de faire sa résidence à l’Hôpital Royal Victoria de Montréal. Alors qu’il était dans l’armée américaine pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est blessé grièvement. Une fois rétabli, il est admis au programme de neurologie du National Hospital for Neurology, Queen Square, Londres. En 1949, il entre comme chercheur-boursier en neurologie à l’Institut neurologique de Montréal. En 1951, il est nommé premier directeur de la neurologie à la nouvelle école de médecine de l’Université du Colorado. C’est là qu’il observe une forme d’atrophie musculaire qu’on appellera le syndrome de Shy-Drager. Le Dr Shy est devenu un spécialiste des maladies musculaires et a fait preuve d’innovation en nommant les maladies musculaires selon le site de la pathologie moléculaire. En 1953, à l’âge de 33 ans, il est nommé directeur clinique intra-muros au National Institute of Neurological Disease and Blindness des États-Unis, où la pratique clinique et la recherche scientifique s’effectuent à proximité l’une de l’autre, tout comme à l’Institut neurologique de Montréal. Le Dr Shy y établit des programmes importants sur les maladies neuromusculaires et l’épilepsie. Il attire plusieurs anciens collègues de Montréal, notamment le neurochirurgien Maitland Baldwin, en grande partie responsable de l’obtention de fonds du gouvernement pour la construction de la rotonde du bloc opératoire des National Institutes of Health. Parmi ses anciens collègues de Montréal figurent Cosimo Ajmone-Marsan, chef du laboratoire d’électroencéphalographie, et Donald Tower, chef de la recherche en neurochimie. Le Dr Shy a dirigé plus tard le département de neurologie à l’Université de Pennsylvanie. Il était alors le directeur désigné de l’Institut de neurologie du Columbia-Presbyterian Hospital de New York, mais trois semaines plus tard il mourait d’une crise cardiaque.

Donald Bayley TOWER (1920-2007)

Neurologue, chef du National Institute for Neurological Disease and Blindness des États-Unis

Diplômé en médecine de l’Université Harvard, Donald Tower a obtenu une maîtrise en neurochimie en 1948 et un doctorat en neurochimie en 1951, les deux de l’Université McGill. Il commence à travailler comme chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal en 1949. Après une résidence de deux ans en neurochirurgie, il reçoit une bourse quinquennale de la Fondation Markle pour continuer ses études en neurochimie avec K.A.C. Elliott. Le Dr Tower a ensuite poursuivi sa carrière au National Institute for Neurological Disease and Blindness. En 1973, il a été nommé directeur du NINDB (renommé ensuite le National Institute of Neurological and Communicative Disorders and Stroke), poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1981. Le Dr Tower avait pris l’engagement d’inclure l’étude de l’épilepsie au programme de l’Institut. Il a établi le premier laboratoire de recherche en neurochimie clinique à l’institut neurologique des NIH. Il est aussi le cofondateur de l’American Society for Neurochemistry, a été le rédacteur en chef du Journal of Neurochemistry et a agi en qualité d’expert-conseil en neurosciences auprès de l’Organisation mondiale de la Santé à Genève. Le Dr Tower a reçu la Médaille de service méritoire exceptionnel du Service de la santé publique des États-Unis.

Joseph EVANS

Neurochirurgien américain

Joseph Evans se distingue par le fait qu’il a prononcé la première Conférence des boursiers en 1957, en l’honneur de William Cone, neurochirurgien de l'INM. Diplômé de l’Université Harvard, le Dr Evans a commencé ses études en tant que chercheur-boursier en neurochirurgie avec le Dr Penfield à l’Hôpital Royal Victoria en 1929, cinq ans avant l’inauguration de l’Institut neurologique de Montréal. En 1935, les Drs Penfield et Evans ont publié un article déterminant sur les effets de l’ablation du lobe frontal. Tout au long de sa carrière, le Dr Evans s’est intéressé à l’épilepsie et à d’autres formes de pathophysiologie. Son ouvrage, Acute Head Injury, a paru en 1951. Il a dirigé le Département de neurochirurgie à l’Université de Cincinnati et à l’Université de Chicago.

Arne TORKILDSEN (1899-1968)

Neurochirurgien norvégien

Arne Torkildsen est venu au Canada de sa Norvège natale en 1932 pour travailler comme chercheur-boursier à l’Hôpital Royal Victoria avec le Dr Penfield deux ans avant que la construction de l’Institut neurologique de Montréal soit terminée. Le Dr Torkildsen a plus tard enseigné la neurochirurgie à l’Université d’Oslo. Dès 1937, il traitait l’hydrocéphalie par une intervention connue sous le nom de technique de Torkildsen.

André CIPRIANI (1908-1956)

Radiobiologiste

Né à Trinidad, André Cipriani fait des études à l’Université McGill en mathématiques et en physique, qu’il termine avec mention très honorable en 1932. Il entre ensuite à la Faculté de médecine. En 1936, il est chercheur à l’Institut neurologique de Montréal, où il aide les Drs Penfield et Jasper à concevoir et à construire de l’équipement électronique pour étudier la neurophysiologie. Après avoir servi dans l’armée canadienne pendant la Deuxième Guerre mondiale, Cipriani est recruté pour le projet d’énergie nucléaire à Chalk River. Il a dirigé la division de biologie aux laboratoires de Chalk River d’Énergie atomique du Canada. Il est un pionnier de l’utilisation du Cobalt-60 comme traitement pour le cancer. À titre de spécialiste de la radiation, il a siégé à nombre de comités nationaux sur la manutention et l’élimination de radio-isotopes.

Donald HEBB (1904-1985)

Neuropsychologue canadien, directeur du Département de psychologie et chancelier de l’Université McGill

Fils de deux médecins de Chester, Nouvelle-Écosse, Donald Hebb obtient un grade de premier cycle à l’Université Dalhousie et suit ensuite des cours de psychologie à l’Université McGill, où il étudie avec Boris Babkin, un ancien étudiant d’Ivan Pavlov. Après d’autres études à l’Université de Chicago, le Dr Hebb complète son doctorat à l’Université Harvard en 1936. L’année suivante, il revient à Montréal comme chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal, où il se consacre pendant les deux années suivantes à l’étude de l’effet d’une ablation chirurgicale sur les fonctions du cerveau. Le Dr Hebb a aidé au développement de nouveaux tests pour évaluer des patients subissant une chirurgie au cerveau. En 1942, il déménage en Floride pour travailler au Yerkes Primate Research Center. Il revient à l’Université McGill en 1947 et est nommé l’année suivante directeur du Département de psychologie. En 1949, il publie un ouvrage révolutionnaire, The Organization of Behaviour: A Neuropsychological Theory. Sa position selon laquelle le milieu de vie pendant la petite enfance joue un rôle majeur dans le développement du cerveau a été très influente. L’une de ses observations concernant l’activité en circuit des neurones est devenue connue sous le nom de loi de Hebb. C’est lui qui oriente Brenda Milner, jeune diplômée en psychologie, vers l’étude des patients en neurochirurgie du Dr Penfield. À la fin de sa vie, il était professeur émérite de psychologie à l’Université Dalhousie.

C. Miller FISHER (1913- )

Neurologue canadien, membre du Temple de la renommée médicale canadienne

Natif de Waterloo, Ontario, C. Miller Fisher termine ses études à l’école de médecine de l’Université de Toronto en 1938. Il poursuit ensuite des études supérieures comme chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal. Militaire durant la Deuxième Guerre mondiale, il passe plus de trois ans dans un camp allemand pour prisonniers de guerre. Ses connaissances de la langue allemande, apprise pendant son internement, lui permettront plus tard d’avoir accès à la riche littérature scientifique de ce pays sur la maladie cérébrovasculaire. En 1948, le Dr Fisher entre à l’INM et à l’Hôpital général de Montréal en tant qu’assistant clinique en neurologie. Six ans plus tard, il est nommé professeur de neurologie à l’Université Harvard et à l’Hôpital général du Massachusetts. Pendant sa carrière, il a étudié les causes spécifiques de l’accident vasculaire cérébral. Sa méthode pour analyser ses observations cliniques de patients, connue sous le nom de Règles de Fisher, est utilisée par nombre de ses étudiants dans leur travail comme directeurs de cliniques et de laboratoires partout dans le monde. Le syndrome de Miller-Fisher, une forme rare de neuropathie aiguë à médiation immunitaire, qui s’apparente au syndrome de Guillain-Barré, porte son nom. Le Dr Fisher a été admis au Temple de la renommée médicale canadienne en 1998.

John Stirling MEYER (1924- )

Neurologue américain, sommité mondiale du domaine des troubles vasculaires cérébraux.

Après avoir obtenu son diplôme de premier cycle au Trinity College de Hartford, Connecticut, John Meyer fait des études de médecine à l’Université McGill, où il obtient son doctorat en médecine et sa maîtrise ès sciences. En 1949, il est chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal. Il pousse son perfectionnement à l’Université Yale et effectue sa résidence en médecine à l’École de médecine de Harvard. En 1969, il déménage à Houston, où il assume de longs mandats à l’Université de Houston et à l’Université Baylor. Il est encore professeur émérite de neurologie à Baylor. Dans les centaines d’articles scientifiques qu’il a signés, le Dr Meyer a beaucoup contribué au domaine des troubles vasculaires cérébraux. Il a été choisi pour diriger la Commission on Heart Disease du président Lyndon Johnson. Le Dr Meyer est le premier à avoir utilisé le médicament anticaillots tPA pour traiter un accident vasculaire cérébral hémorragique aigu. Parmi ses multiples prix et distinctions figure le Prix international Mihara pour la recherche sur les accidents vasculaires cérébraux.

Richard ROVIT (1923- )

Neurochirurgien américain.

Né à Boston, Massachusetts, Richard Rovit a obtenu son diplôme de médecine du Jefferson Medical College à Philadelphie. Il a effectué sa formation en chirurgie à Boston à l’Hôpital général du Massachusetts et à l’Hôpital Beth Israel. De 1958 à 1960, il est chercheur-boursier à l’Institut neurologique de Montréal, où il s’intéresse en particulier à la chirurgie de l’épilepsie et à l’EEG, et est nommé au personnel de chirurgie, ce qui lui permet de travailler étroitement avec le Dr William Feindel au Laboratoire Cone. Il obtient une maîtrise ès sciences de l’Université McGill en 1961. Par la suite, il est nommé directeur du Département de chirurgie neurologique à l’Hôpital St. Vincent’s de New York. Depuis 1994, il est professeur de neurochirurgie au New York Medical College, Valhalla. Outre d’avoir signé plus de 130 articles scientifiques, il a aussi été rédacteur principal d’un manuel, Trigeminal Neuralgia, publié en 1990.

Henry David GARRETSON, 1929-2007

Neurochirurgien américain, premier directeur, Département de chirurgie neurologique, Université de Louisville.

Henry Garretson est né à Woodbury, New Jersey, et a grandi à Tucson, Arizona, où il a obtenu son diplôme avec grande distinction de l’Université d’Arizona. Il a obtenu son diplôme de médecine à l’Université Harvard. Au cours des années 1950, il a appris à piloter comme médecin de l’air dans la marine américaine. Piloter est devenu une passion pour lui. De 1959 à 1963, il a effectué sa résidence en médecine à l’Institut neurologique de Montréal, où il a complété le programme intensif en neurochirurgie sous la direction du Wilder Penfield et de ses collègues. Le Dr Garretson a ensuite passé cinq ans à l’INM avec le Dr William Feindel en tant que professeur adjoint en neurochirurgie et membre du Laboratoire Cone de recherche en neurochirurgie. Avec ses collègues, il a perfectionné la technique d’injection d’amobarbital dans une artère carotide afin de localiser les zones du langage et les activités épileptiques électriques dans le cerveau. Des approches similaires ont été développées pour injecter avec précision des colorants dans la circulation cérébrale pour aider lors de la chirurgie d’anévrysmes et autres lésions anormales de vaisseau sanguin. En 1968, le Dr Garretson a obtenu son doctorat de l’Université McGill avec ses travaux de recherche sur les tumeurs au cerveau qui déterminaient avec précision le taux de croissance de cellules tumorales, une découverte fondamentale pour la recherche future. En 1971, le Dr Garretson a été nommé directeur de la Division de chirurgie neurologique de l’Université de Louisville, où il a continué à enseigner et à exercer la chirurgie jusqu’à sa retraite en 1997, moment où il est devenu professeur émérite. Sous sa direction, plusieurs chaires dotées ont été créées, et le département de neurologie est devenu un des principaux centres de recherche sur la moelle épinière au monde. Connu pour être strict en matière de discipline en salle d’opération, le Dr Garretson était aussi reconnu pour être compatissant envers ses patients. Ses multiples publications portaient sur la circulation cérébrale et les lésions vasculaires intracrâniennes, la cinétique cellulaire du glioblastome multiforme, la physiologie de la pression intracrânienne, et les malformations artérioveineuses cérébrales. Il a été élu président de l’American Association of Neurosurgical Surgeons. La chaire Dr Henry D. Garretson de recherche sur la moelle épinière et les traumatismes crâniens a été instituée en 1997. Le Dr Garretson et sa femme Marianna ont tragiquement perdu la vie dans l’écrasement d’un avion en décembre, 2007.




Dernière mise à jour: 1 oct. 2013 à 11h19